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mardi 3 novembre 2015

Comment "Licencier" SQL Server ?


Je me suis rendu compte durant mes missions SAM que bon nombre de clients sont perdus dans les règles de licences des applications qu'ils ont déployées au sein de leur Système d'Information.

Lorsque le mode de licences n'est pas parfaitement saisi par leurs clients, il est très facile pour les éditeurs de leurs vendre des licences dont ils n'ont pas besoin, des services complémentaires inutiles, et, lors d'audit de conformité logicielle leur signifier qu'ils font une utilisation frauduleuse de leurs logiciels, et donc de leur réclamer des pénalités.

Partant de l'idée que les licences ne sont compliquées que si on souhaite les rendre compliquées je vais présenter à travers une série d'articles pour chaque application d'un éditeur, une présentation simple du mode de licence de l'application.

Si vous rencontrez des difficultés lors du choix d'une proposition commerciale ou lors d'un audit de conformité, n'hésitez pas à me contacter, j'essayerai de vous aider mon mieux.

Comment licencier SQL Server 2014 ?


Microsoft propose depuis de nombreuses années SQL Server et ce produit a connu de nombreux modes de "Licencing" différents.
Le mode de licences de SQL Server 2014 a le mérite d'être simple à comprendre et à mettre en application, même s'il peut paraître onéreux.

Versions de SQL Server 2014

SQL Server est proposé sous quatre éditions principales afin de répondre aux différents besoins en terme de fonctionnalités, performances et prix dont les entreprises et les utilisateurs ont besoin:
  • Enterprise Edition: cette version est destinée aux grands data warehouses (entrepôts de données) et aux applications stratégiques.
  • Business Intelligence Edition: cette version propose des fonctionnalités de haut niveau et l'analyse décisionnelle (BI) en libre service.
  • Standard Edition: cette version offre les fonctionnalités élémentaires en base de données, rapports et analyses.
  • Express Edition: cette version est l'édition gratuite de SQL Server créée pour développer et renforcer les applications de bureau, les applications Web et les petites applications serveur (par exemple pour hébreger une CMDB maison...)


Il existe deux autres version de SQL Server venant compléter la gamme et répondant à des besoins spécifiques:
  • SQL Server 2012 Parallel Data Warehouse qui est disponible sous la forme du nouveau Analytics Platform System intégré à l'offre appliance,
  • SQL Server Developer Edition qui offre toutes les possibilités de la version Enterprise, mais qui est uniquement destinée au développement et ne doit pas être utilisé en production.
Une fois le choix de la version SQL Server effectué en fonction de vos besoins, comment allez-vous comptabiliser les licences dont vous avez besoin ? 

SQL Server 2014 Enterprise

Le mode de licences pour SQL Server 2014 Enterprise peut être très simple, il se fait soit :
  • par cœur présent sur le serveur, ce que je vous recommande, et que je vais traiter dans cet article,
  • par licence serveur plus CAL, ce qui est un héritage du mode de licencing des anciennes versions, que je ne recommande pas, et que je ne traiterais pas dans cet article.

Licences par cœur:

Dans ce mode de licences, le nombre d'instances, le nombre d'utilisateurs accédants à la base de données, le nombre de "devices" accédants au serveur n'est pas pris en compte.
La seule chose qui va être comptabilisée est le nombre de cœurs présents sur le serveur.
Il faut néanmoins faire une différenciation entre une attribution de licence à un serveur physique ou à un serveur virtuel.


Attribution de licences à un serveur Physique


  • Lorsque l'on attribue une licence SQL Server 214 Enterprise à un serveur Physique, tous les cœurs présents sur le serveur doivent se voir attribuer une licence.
  • Les Licences SQL Server 2014 Enterprise sont vendues par paquets de deux.
  • Il faut appliquer un coefficient multiplicateur en fonction du type de processeur physique présent sur le serveur.


Par exemple, pour un serveur équipé de deux processeurs six cœurs Intel Xéon, le calcul sera le suivant:


Attribution de licences à un serveur virtuel  

En environnement virtuel, les règles sont presque les mêmes qu'en environnement physique.

"Tous les cœurs virtuels (V-cœur) qui prennent en charge des OSE virtuels exécutant SQL Server 2014 doivent être couverts par une licence cœur avec un minimum de quatre (4) licences cœur par machine virtuelle."


Avec SQL Server 2014 Enterprise Edition, il est possible, et fortement recommandé d'allouer les licences non pas à la machine virtuelle, mais à la machine physique hébergeant les machines virtuelles.

Lorsque l'on attribue des licences SQL Server 2014 Enterprise à un serveur physique hébergeant des machines virtuelles sur lesquelles sont installées des versions de SQL Server 2014 Enterprise, les machines virtuelles sont couvertes par les licences SQL Server 2014 Enterprise Edition attribuées aux cœurs du serveur physique pour le nombre de machines virtuelles suivant:
  • Illimité si Software Assurance (SA),
  • Égal au nombre de licences cœur SQL attribuées au serveur Physique

Dans l'exemple ci-dessus, sans SA, le nombre maximal de machines virtuelles avec SQL Server Enterprise installé serait de 12.

Business Intelligence Edition

Le mode de licencing pour Business Intelligence Edition est un mode assez facile et classique, à savoir: licence pour le serveur et Licences d'Accès Client (CAL).

Dans ce mode de licence, il faut:
  • Une licence serveur pour chaque serveur 
    • Si le logiciel SQL Server s'exécute sur plusieurs partitions matérielles (serveurs lames ou partitions physiques d'un grand serveur), chaque partition doit posséder sa propre licence. Les partitions physiques et les lames sont considérées comme étant des serveurs distincts du point de vue des licences, et une licence SQL Server ne peut pas être assignée à plus d'un serveur physique à un instant donné.
  • Une licence d'accès client (CAL) pour chaque appareil (licence CAL par poste) et/ou pour chaque utilisateur (licence CAL par utilisateur) qui accède à SQL Server ou à un quelconque de ses composants. 
    • Vous utilisez les CAL par poste lorsqu'il s'agit de device accédant à SQL Server sans qu'il n'y ait d'utilisateur connecté.
    • Vous utilisez les CAL utilisateur pour chaque utilisateur qui accède à une base SQL.

 

SQL Server Standard Edition

SQL Server Standard Edition dispose des deux modes de licencing évoqués dans cet article:
  • Le mode par coeur évoqué dans la version Enterprise Edition
  • Le mode par Serveur et Licences d'Accès Client (CAL) évoqué dans la partie Business Intelligence Edition.
    • Ce mode de licence n'est approprié que dans des situations où il est facile de compter les utilisateurs ou les postes, et quand le coût total des licences est inférieur à celui du modèle de licence cœur.
Remarque particulière:
  • Dans le cas d'un licencing par cœur pour des machines virtuelles, il n'est pas possible avec SQL Server Standard Edition d'appliquer les licences sur l'hôte physique hébergeant la VM. 
  • Chaque machine virtuelle doit avoir sa propre licence SQL Server Standard Edition

   

SQL Server Express.

La question ne se pose pas, cette version étant gratuite, il n'y a pas de licence à comptabiliser.

SQL Server Developer Edition

Le mode de licence est très simple.
  • Une licence Windows pour le Système d'exploitation.
  • Une licence SQL Server Developer Edition pour tout développeur ou administrateur de base de données travaillant sur le serveur.

Ce mode de licence n'est intéressant que si le nombre de personne travaillant sur la base est restreint.

mardi 16 juin 2015


Licences Oracles et Virtualisation:


Depuis la sortie de vSphère 5.1 de VMware et les notions de déplacement de machines virtuelles à l'aide vMotion entre les différents clusters, Oracle considère qu'il faut étendre les droits de licences à l'ensemble de la ferme de serveurs sous ESX ainsi qu'à tous les clusters faisant partie de la ferme.

Cette extension de licences à tous les cœurs des hyperviseurs présents sur l'environnement vCenter peut se traduire par un surcout de licences pour l'entreprise et un augmentation de chiffre d'affaire pour Oracle de plusieurs millions d'Euros.


Ce point de vue d'Oracle peut être considéré comme illégal, mais est surtout tout à fait contestable parce que ce changement de politique n'est absolument pas documenté ni référencé dans leurs accords de licences

Le cabinet d'étude Gartner le 24 novembre dernier a publié une note à ce sujet estimant que les entreprises auditées par  LMS soit License Management Services, les services d'audit d'Oracle peuvent très bien se défendre et gagner face à cette offensive de l’éditeur.

Quelles sont alors les bonnes pratiques pour contrer Oracle sur ce sujets ?

Deux politiques peuvent être mises en œuvre de façon efficace.

 

Regrouper l'utilisation des licences Oracle au sein d'un vCenter Dédié.

Cette politique la plus simple à mettre en œuvre, à gérer et défendre est celle qui est à la fois recommandée par l'éditeur Vmware dans son livre blanc de mars 2015 et le club allemand des utilisateurs Oracle.

Avoir une Gestion SAM

Vous pourriez me dire que j'ai du parti pris en proposant cette politique, mais cette proposition n'est pas de mon fait, mais ni plus ni moins que la proposition de Jean-Jacques Camps, le président de l’Aufo (le Club Français des Utilisateurs de solutions Oracle).
Ce dernier estime que
 "pour les entreprises, la gestion de la conformité des licences logicielles devient un coût à prendre en compte dans l’économie des projets, tant pour le risque de redressement suite à un audit de l’éditeur que pour le coût de gestion proprement dit de ces sujets. En effet, s’assurer de la conformité des licences devient de plus en plus difficile, les règles établies par Oracle, mais plus généralement par tous les éditeurs de logiciels, sont d’une complexité défiant, dans certains cas, l’entendement. Certaines grosses structures ont deux ou trois personnes à temps plein travaillant sur ces questions pour les seuls logiciels applicatifs, dont ceux d’Oracle".

Pour Jean-Jacques Camps, une des premières bonnes pratiques consiste à conserver une copie des recommandations de l’éditeur en matière de licensing au moment de chaque signature de contrat. Car c’est cette version qui servira de référence en cas de différend ; 
« Un certain nombre de décisions de justice nécessitaient ce levier-là »


Quelle que soit la stratégie que vous choisirez, elle sera gagnante à partie du moment où elle sera structurée et correctement menée.

N'hésitez pas à vous faire accompagner par des spécialistes comme les cabinets Elée, SIA Partners, Gartner, et votre serviteur bien sûr. Un bon accompagnement peut vous faire gagner beaucoup en évitant d'avoir à payer les amendes réclamées par Oracle.